Quel touchant désordre, celui de ces je t'aime
Qui traînent un peu partout; on oublie de ranger
Ce qui nous accompagne et adoucit nos soirs
A l'abri d'un sous-main, sur un bout de papier.

 

Des regards attendris venus d'autres je t'aime
Y sont tombés dessus sans vouloir déranger,
Les ont remis en place, en feignant ne rien voir,
A moitié incrédules, à moitié amusés.

 

Et puis la vie reprend. On oublie un instant,
Que se sont croisées là, le temps de ces trois mots,
Et l'histoire d'un père, et celle d'un enfant.

 

Il songera parfois, ce mouflet qui a grandi,
A cet homme serein, au regard rassurant,
Qui a les mêmes boucles, et des yeux comme lui.