edouard_bernard_debat_ponsan4Lundi 30 septembre au matin, vers 5h30, les policiers du Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale sont intervenus en force au domicile d'un homme près de Nice, afin d'appréhender le célèbre Edouard Lewis Ponsan, artiste peintre de son état (ci-contre à droite), qui s'était réfugié chez lui.
C'est devant quelques voisins médusés, dans une banlieue résidentielle que s'est déroulé le raid. Alors que le jour se levait à peine, la villa cossue de Stéphane Trévise-Vaudancourt a été littéralement prise d'assaut par un escadron de gendarmes armés jusqu'aux dents. L'assassin d'une vingtaine de jeunes femmes, un homme d'une cinquantaine d'années, n'a opposé aucune résistance et s'est rendu aux forces de l'ordre. Son protecteur a été également embarqué sans ménagement dans le panier à salade pour être entendu par l'inspecteur Martin Lothar, chargé de l'enquête par le Parquet d'Albi.

stv1Stéphane Trévise-Vaudancourt, homme aux contours personnels particulièrement troubles (ci-contre à gauche) est connu sous le surnom de STV dans les milieux de la mafia niçoise où il a déjà été mêlé à des affaires de contrebande d'oeuvres d'art. Il n'avait cependant jusque-là jamais été même indirectement impliqué dans une affaire de meurtre. Il sera interrogé afin de déterminer les liens exacts qui l'unissent au meurtrier du Tarn. Au moment de son interpellation, dans son lit à baldaquin, il semblait en proie à un cauchemar et criait à tue-tête: " Laissez-moi, je ne veux pas sauter! Non! Pas moi!" Il a stupéfait les gendarmes en se montrant presque reconnaissant que ces derniers l'arrachent à ses terreurs nocturnes.

debat_ponson_edouard_bernard_le_flirt2D'après Martin Lothar, inspecteur controversé qui s'est déjà tristement illustré en interpellant sauvagement des grévistes dans l'exercice de leur fonction, le bourreau sanguinaire qui a terrorisé la population du haut Tarn pendant des mois, le pervers assoiffé de sang et de sexe qui faisait subir les pires sévices à ses victimes féminines avant de les achever en leur enfonçant un pinceau au fond de la gorge, cet homme avenant à la moustache sympathique et au costume étriqué, donc, a d'ores et déjà reconnu l'ensemble de ses crimes. Une expertise psychiatrique, réalisée dans les premières heures de sa garde à vue, a permis d'établir que la folie meurtrière de ce peintre étonnant prend ses racines dans sa rencontre avec Roxane, sa muse malheureuse (ci-dessus à droite, avec lui, au temps du bonheur).
enn____la_toilette1Celle-ci, paysanne innocente et naïve (totalement hors de cause depuis le début de l'affaire) originaire d'Albi, n'a pas senti son compagnon sombrer peu à peu dans la passion obsessionnelle, jusqu'à ce qu'elle le quitte parce qu'il conservait ses chaussettes au lit. Fou de désespoir inconsolable, Lewis Ponsan s'est vengé sur d'innocentes créatures. Son mode opératoire est désormais clairement établi par l'enquête: le pervers recherchait des victimes féminines qui rappelaient les sujets de ses propres tableaux, dans la région de sa trop bien-aimée! Ainsi, la première, une dénommée Enn', ressemblait à s'y méprendre à "La Gitane à la toilette" (ci-contre à gauche).
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Mais le psychopathe ne s'en est pas tenu là et n'a eu de cesse de violer, frapper, tuer toutes les femmes qui pouvaient ressembler aux personnages de ses toiles. L'une d'elles, célèbre en France et à l'étranger, "La fille de Jephthah" (ci-contre), a aidé à l'identification d'une demi-douzaine de victimes! Le musée des Augustins à Toulouse a mis à la disposition du Parquet un certain nombre de toiles susceptibles d'aider à reconstituer certains crimes imputés au peintre fou.

roxane_et_fatima2L'ex-compagne de l'artiste sanguinaire (totalement hors de cause dans l'affaire, donc), est actuellement l'objet d'un suivi psychologique à la suite du traumatisme lié aux meurtres de son ancien ami. Elle est à l'origine de l'arrestation de la semaine dernière, puisqu'elle a permis d'apporter des éléments pertinents aux gendarmes qu'elle avait contactés depuis qu'elle-même ne se sentait plus en sécurité. En effet, elle avait été victime fin septembre à son domicile, près d'Albi, en compagnie de sa femme de ménage Fatima, de la violence aveugle du malade qui venait la supplier sans ménagement de reprendre la vie commune en lui promettant de ne plus dormir en chaussettes. L'étrange tableau ci-contre a été retrouvé dans la pièce qu'occupait le psychopathe chez le mafieux de Nice.

Journal DETECTIVE       

04.10.2005