La communauté des artistes peintres est en émoi suite à l'intervention de la jeune professeur Carole LEWIS durant les journées du patrimoine de Toulouse. L'esprit certainement encore imbibé du désormais célèbre "Da Vinci Code", le public et les spécialistes se sont régalé d'un débat portant sur une éventuelle symbolique cachée au sein d'une oeuvre d'Edouard Debat-Ponsan (1847-1913) exposé au musée des Augustins.

D'après Melle LEWIS (maître de conférence en histoire de l'art et auteur d'une thèse sur le lien "colons-esclaves" dans la peinture de l'époque coloniale), le tableau intitulé "Le massage" ne représenterait rien de plus qu'une scène de meurtre. Le professeur appuie ses conclusions sur de nombreux éléments qui donnent des sueurs froides aux amateurs de peinture à l'huile.

En premier lieu, les symboles que l'on peut distinguer sur le carrelage mural en arrière-plan représenteraient un ancien totem puissant encore trés présent dans les croyances africaines d'aujourd'hui. Pour les tribus de centre Afrique, Fom'a'kunta est en effet l'esprit de la vengeance et de la punition.
Le bas relief en forme de soleil sectionné, juste au-dessus du robinet, développerait le thème de la nouvelle aube, symbole du début des affrontements dans les légendes orales africaines.
La position des jambes de la jeune femme blanche, ainsi que la position dans laquelle la femme noire lui oriente les bras, n'est pas sans rappeler la position sacrificielle du Christ et marque ainsi une opposition à la religion catholique imposée par les colons de l'époque.
Le professeur Carole LEWIS a relevé ainsi de nombreux autres détails, comme les étranges reflets rougeâtres que peuvent prendre les ombres sous la tête de la femme blanche (et évoquant immanquablement le sang), qui semblent corroborer sa thèse d'une oeuvre dénonçant le colonialisme et exprimant le fort désir de vengeance sanglante qui aurait animé les esclaves de l'époque.

hammam
Le massage. Scène de Hammam, 1883 : simple massage ou meurtre vengeur ?
Edouard Debat-Ponsan (1847-1913). Huile sur toile-127cmx210cm-Inv.Ro 65

Reste à la jeune professeur d'art à expliquer le lien entre l'esprit anti-colonial caché dans ce tableau et le peintre français Edouard Debat-Ponsan. Sur ce sujet-là, Melle LEWIS reste évasive, mais nul doute que sa démonstration aura impressionné le public et que ses recherches sur le sujet feront encore couler beaucoup d'encre... n'en déplaise à ses détracteurs, dont aucun n'a voulu se donner la peine de faire de commentaire.

Prochaine conférence : Lundi 03 Octobre 2005, 16h15, Musées des Augustins.

STV. pour Toulouse Art Mag.