C'est un peu maladroit, peut-être, mais c'est un hommage, en quelque sorte. Pour les moments d'émotion contenue que j'ai cru y voir, ou ceux que j'y ai mis. Peu importe. Ce n'est pas tant la diversité des tasses, des lieux, c'est plutôt les couleurs, les contrastes, les fausses absences, la solitude vraie quelquefois, la complicité toujours, avec d'autres, avec nous-mêmes. Il ne manque que les bruits qui remplissent ces endroits, bruits étouffés, cris de serveurs, brouhaha un après-midi ensoleillé sur une terrasse courue, silence lourd et morne un matin, trop tôt, ponctué par les claques de la pluie sur les carreaux.
Diaporama des cafés d'Enn'... Et tout à coup défilent nos amours passées, nos secrets honteux, nos choix malheureux. Et ce parfum qui les accompagne, souvent mêlé de tabac. La chaleur aussi, celle qui nous enveloppe comme un soulagement lorsqu'on s'engouffre dans un bistrot pour fuir le froid glacial et cinglant du dehors, l'hiver; celle qui nous engourdit malgré nous, l'été, nous enveloppe et nous rassure à la façon d'un amant.
Quelle homme, quelle femme, n'a pas attendu de cette tasse un improbable amour, une rupture douce, un fou rire, un oubli total?
Nous avons tous un diaporama personnel de ces instants étranges qui sont autant de "perles sur le fil d'Ariane de (nos) vie(s)".
Une rosée de souvenirs...

Pour cela, merci.