Il était une fois une oie. Cette oie brune vivait avec sa famille dans une maisonnette avenante et réchauffée par les amis qui venaient souvent la visiter. Sa maisonnée comprenait outre l'oie suscitée, un jar blond souriant et cultivé, trois garçons dociles et une fillette. Cette dernière avait hérité des yeux verts de son père. Noël approchait. Les quatres enfants étaient tout excités à l'idée des cadeaux qui approchaient. Des canards de toute sorte étaient chargés dans ce pays de la distribution. C'était encore le chef du pays qui les rétribuait, mais les conseillers proposaient que ce service fût rendu par des poissons. Par le plus grand des hasards son secteur avait été choisi pour tester le nouveau service de distribution des cadeaux.
La veille du jour chéri, l'oie brune s'aperçut que l'eau commençait à manquer dans la rivière qui gouleyait devant
chez elle.
Elle téléphona au chef du pays, l'avertissant que si les cadeaux n'arrivaient pas, elle allait changer de pays et aller dans la contrée où les colverts distribuaient encore les cadeaux. Le chef du pays lui dit que dans ce cas, sa maisonnette serait confisquée et vendue aux poissons.
Elle ne céda pas : regardant ses quatre enfants qui souriaient à l'idée de recevoir leurs cadeaux, elle versa une larme, mais courageusement elle partit. Le père aux yeux verts préféra rester, mais le président envoya néanmoins ses forces armées qui le jetèrent en prison. Elle ne disposait que de vingt-quatre heures pour trouver un logis.
Arrivée au bord de la Méditerranée, elle avisa un thon rouge. Il était vieux et solitaire. Il la regarda, lui sourit, et lui dit de la suivre. De conserve ils nagèrent jusque de l'autre côté de la mer. La nuit s'essoufflait quand ils arrivèrent sur la plage.

Les enfants se réveillèrent pile poil à ce moment-là : devant leurs yeux ébahis, ils virent tous les cadeaux dont ils avaient rêvé. L'oie brune était heureuse. Seule, mais heureuse.