J'ai récemment consommé mon cadeau de Noël : un billet pour deux à l'opéra. Il s'agissait de la pièce de Goldoni, Les Rustres, adaptée façon opéra. Beau spectacle, avec costumes et musique, cantatrices et chanteurs, basses ou barytons.

Mais là n'est pas mon propos.

Nous prîmes le métro. A l'heure dite, 19 heures environ. Nous rencontrâmes C. JEROME, (il porte réellement un nom de chanteur !) l'ex d'une amie de trente ans avec qui j'ai parfois de longues conversations téléphoniques, et qui donc ne vous est pas totalement inconnue. Cet ex est le père de la fille de l'amie. Nous nous rencontrons fortuitement une fois fois tous les quatre ou cinq ans, mais avec régularité, comme si nos hasards voulaient que nous soyons amis. Nous ne le sommes pas complètement, mais suffisamment pour nous raconter nos vies en quelques minutes. Le temps d'un aller simple en métro...

Il nous raconta donc sa fille, ses difficultés d'ado, de lycée. Il nous raconta son travail, un peu routinier, mais titularisé depuis peu au bénéfice du décret numéro untel, qu'il faudrait d'ailleurs que nous regardions de près pour voir s'il n'y a pas moyen d'en tirer un  meilleur parti. Il nous raconta qu'il allait passer le weekend  en ville, chez sa régulière et que c'était bien comme ça, de vivre ensemble séparés.  Il y passait tous les weekend quand son ado n'était pas là. Et ça durait depuis trois ans.

Un beau spectacle nous attendait. Champagne à l'entracte.  Un régal. Sauf que les acteurs fumaient sur scène. J'ai illico appelé Gino (le policier municipal de Lewisville), afin qu'il les taxe de 68 euros (chacun). C'est toujours ça de pris pour le budget communal.

Nous reprîmes le métro vers 23 heures. Au fond de la rame se tenait C. JEROME.