Ma chère petite tante,

C'est la première année que tu passes la Toussaint dans l'eau-delà l'au-delà et donc cette année je ne peux t'offrir le prix Goncourt ou t'en parler de vive voix comme d'habitude. Tu te serais bien amusée de toutes les polémiques autour de la désignation de leurs lauréats. Apparemment et âprement les critiques fustigent déjà "Alabama song" de Gilles Leroy et "chagrins d'école" du déjà-célèbre Daniel Pennac pour sa trilogie "au bonheur des ogres"
D'accord, les phrases de "chagrins d'école" semblent assez transparentes pour provoquer les moqueries des critiques et j'avais dédaigné pour ma part les autorisations faciles de "comme un roman", quoiqu'autour de moi beaucoup aient apprécié de voir imprimé -enfin?- ce qu'ils pensaient tout bas et que je voyais comme autant d'évidences.
Mais les extraits d'Alabama Song entendus sur les ondes, les affres romancées de Zelda Fitzgerald m'avaient semblé une bonne approche pour se pencher sur l'oeuvre réelle de ce couple. Et le rythme des phrases pas aussi insipide que la lapidation par F.cult le laisse entendre.

Aussi, si tu rencontres Monsieur Zola qui a voulu cette remise de prix, console-le, montre-lui qu'un coup de projecteur comme celui-ci, même avec un peu trop d'enjeu financier permet à d'accrocher l'oeil du passant fureteur sur d'autres ouvrages moins plébiscités.