C’était à La Rochelle, vingt années plus tôt

Il avait noté, d’une écriture épaisse, des indications sur un feuillet :

A deux pas de la gare, un petit hôtel, la chambre est en rez de jardin. Ne pas  passer par la réception.

Si on avait été en automne, il ferait nuit, noir comme le maquis Corse. J’aurais pu me glisser tel un escargot dans cette double vie, sans laisser aucune trace sur le galet.

J’ai hésité quelques minutes au dernier carrefour et je me rappelle avoir acheté une carte avec une image de plage, gribouillée au dos quelques mots d’excuse.

Une publicité pour un  séjour linguistique dans le Gers accrocha mon regard. Des petites filles et des petits garçons…

Je ne pouvais plus reculer

Je poussais le portillon qui s’ouvrait sur des allées du jardin japonais.

L’automne coquet se déclinait en tant de couleurs que j’ai eu envie de le mettre en poème.

Lotus.

C’est à ce moment la que j’ai choisi ton prénom.

J’ai osé mille audaces, cette nuit là. Je n’en regrette aucune ma fille.

J’ai croisé l’été dernier, sur une plage de Soulac un homme qui te ressemblait.

Tu trouveras, dans l’enveloppe, en même temps que ma lettre, son feuillet…

Je te l’offre en même temps que mon secret, mon cœur bat vite car je sais que

Mon ventre,  jamais rempli du sexe de ce monstre marin n’aurait pu te donner le jour.

Votre dévouée

Laparhasard

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