Vendredi soir, j’ai été invité à dîner par Evariste Galois, dit « Eva » jeune mathématicien de génie et trop accessoirement co-fondateur et colocataire du loftblogue Frivoli (ici présent, sauf erreur)
Entre deux résolutions d’équations à X inconnues et après deux demis d’une bière mousseuse et faraude, notre Eva national me traîna alors jusqu’au Quartier Latin de chez Paris (France, sauf erreur) où dans une atmosphère touristique, estivale, dénudée, lourde d’orage et de turpitudes bassement commerciales, bruyante et définitivement polluée grave, il m’introduit sans ménagement dans un vénérable estaminet dénommé le Café Procope.

Je cite incontinent la désormais inévitable Wikipedia : « Vingt ans après l'introduction d'une boisson tonique du nom de « café » à la cour de France, un Sicilien du nom de Francesco Procopio Dei Coltelli (qui changera son nom en Procope) eut l'idée en 1686 d'ouvrir aux environs de Saint-Germain-des-Prés un établissement où l'on dégusterait ce breuvage en société) »

Voltaire_and_Diderot_at_the_Caf__Procope

Bref, cette maison ne date pas d’hier même si on est quantique en diable, l’année 1686 n’est qu’à peine une demie seconde de notre « moi » de ce jour.
Etant quelque peu culturé, je connaissais cette maison de nom et de réputation historique, mais j’avoue n’y avoir jamais mis la queue.
Au contraire de notre Eva qui y a visiblement ses entrées (par la porte de derrière, notamment) et ses habitudes de crêpes au Grand Margnier.

Nous fûmes donc installés comme des princes, voire des sénateurs et incontinent encore, nous nous relayâmes pour vider notre honorable vessie dans des chiottes plus républicaines tu pisses dans ton froc car leurs portes sont sexuellement différenciées par les mentions « Citoyens » et « citoyennes » et non « Messieurs » ou « Dames »
C’est vrai qu’on a un peu l’impression de pisser dans une urne, mais bon.

Nous en rajoutâmes cependant de nos déjections naturelles sur celles de Voltaire, Diderot, D’Alembert, Marat, Danton et bien d’autres fameux blogueurs car ce Café Procope fut longtemps le repère révolutionnaire de toute cette gent agitée et néanmoins profuse sinon prolixe.
Je suis même persuadé que j’étais assis à la place de Benjamin Franklin où il inventa le paratonnerre ou encore rédigea la constitution des Etats Unis de chez Amérique.

Que d’émotions et quel lieu propices à refaire le monde ; ce que nous fîmes derechef, Eva et moi, entre une soupe de poisson, un pavé de saumon, un suprême de poulet et des crêpes Suzette, le tout arrosé d’un moelleux Chablis de derrière les fagots révolutionnaires.
Pendant tout le dîner, nous avons guetté un orage annoncé, mais jamais arrivé à bon port ou du moins à notre table.   

Eva va bien, va ; il tousse beaucoup trop eu égard à cette foutue pollution qui étouffe notre bonne capitale par ces temps estivaux d’avril boutonneux et aoûtiens et il admet se faire tant bien que mal au redoutable et lancinant train-train de chez Métro-Dodo-Boulot.
Quant à moi, j’étais quelque peu soulagé d’avoir pu faire gicler quelques heures plus tôt, la grande faucheuse, chaussée de ses pompes funèbres même pas en cuir de mon carnet d’adresse et de la liste de ses clients (contents ou pas).
C’est vrai qu’elle n’a même pas de médiateur cette connasse nullichonne, hein !

Eva et moi-même adressons un « burp » républicain et affectueux à tous les Frivolibres ainsi que Jean-Marie Arouet (alias Voltaire) dont j’ai rencontré le fantôme dans les chiottes (un peu pâlichon hein, il vieillit ce con, mais c’est pas de sa faute, ni celle de Rousseau, mais bien celle de Gavroche hein !) et qui m’a toutefois donné un chouette conseil pour le second tour des présidentielles.
Mais bon, ça sera l’objet d’une autre note sur un autre blogue.

Burp de loup