"Bonjour ! Je venais juste vous prévenir que votre poule est à nouveau sortie de son enclos et se promène dans le jardin. Elle a déjà terrorisé Comète, mon chat, et maintenant, je crois bien qu'elle se cherche un truc à boulotter dans vos plantations.."

    Par la fenêtre, j'ai en effet rapidement aperçu la pondeuse qui, très à son affaire dans mon potager, s'acharnait à gratter dans mes plates-bandes. Maudissant intérieurement pour la énième fois le proverbial "amour des bêtes" de mon homme, j'ai remercié la voisine. Elle est bien gentille et polie, c't'Irène, de venir me prévenir à chaque fois. Ou alors, elle aime lire l'exaspération sur mon visage, c'est au choix. J'ai rajusté mon châle, ai ouvert la porte, et me suis lancée dans une lutte inepte avec ce stupide gallinacée. C'est que la faire rentrer dans son enclos en gros fil de fer requiert tout un trésor d'ingéniosité. Du moins si on est, comme moi, encline à ne pas se ridiculiser devant une voisine narquoise, ce qui exclut de courser la bestiole en poussant des cris d'orfraie.
    Je suis en général de bonne composition, mais j'admets avoir passé mentalement en revue les différentes recettes de poulet apprises de ma grand-mère: au vu des trous creusés dans mon jardin, objet de mes soins affectueux et patients, cette poule est schyzophrène et se prend -au moins- pour une perforeuse.
    C'est décidé, je vais proposer à mon cher et tendre de l'héberger à partir de demain dans un tiroir de son bureau, au boulot.

(bon, ok, j'ai (un peu) triché. Mais je voulais m'éloigner des connotations hivernales. J'ai décidé unilatéralement que nous n'étions pas en décembre, et que Noël n'était certainement pas dans moins de trois semaines.)

Logorallye de décembre