La langue française a parfois de ces subtilités qui laisseraient pantois pour l’éternité un grand dépendeur devant une andouille grippée grave à l’aviaire.
J’en veux pour preuve cet exemple :
Je vous remercie de lire à haute voix les mots suivants :

Le savant aveugle

Merci de les dire trois fois afin de ne pas en démordre !
Ça y est ?
Bon.
Si vous avez prononcé ces trois mots en faisant la liaison dixit : «  Le savant-taveugle », vous avez compris que notre aveugle homérique était un puits de science.
Si, par contre, vous n’avez pas fait la liaison, dixit : « le savant / haveugle » vous aurez compris que notre professeur Tournesol était aveuglé momentanément par les injures ou les postillons du capitaine Haddock !
Que le Grand Cric nous croque !
En fait, ce petit jeu obéit à une règle de grammaire française que personne ne connaît à part Monsieur Grevisse : « La liaison ne se fait jamais après la consonne finale d’un nom au singulier » (Dixit Grévisse)
Le saviez-vous ?
Ben, pas moi hein !
On en découvre tous les jours et c’est pour ça que c’est passionnant de vivre !
Les morts ne parlent plus et ils ne sont plus ni savants, ni aveugles.
C’est vrai qu’ils ne sont plus emmerdés par la grammaire !
C’est sûr que c’est très compliqué d’expliquer ça à une jeune Anglaise (blonde ou pas).
Mais bon, elle n’est pas martienne non plus hein !
Le Français est vraiment une langue de pute de sorcier.