..... Il voit qu'elle a changé. La source de lumière s'est rapprochée de son visage. Sa joie et sa douleur commencent à apparaître. L'irruption de sa joie, la plénitude de sa douleur. Son rire à voix haute, sa voix qui brusquement se charge, son front traversé d'ombres, ses tics d'éblouissement. Elle est plus NUE d'expression, elle est plus enfantine. Parfois, elle parait ne plus rien savoir, elle attend qu'il lui parle, qu'il s'approche d'elle, qu'il se lève, afin de le suivre.

Habille-moi, lui demande-t'elle un matin. Il ne comprend pas mais il s'éxécute. Et ses grosses mains se perdent dans les laines, les cotons, les étoffes toujours blanches, et il l'habille comme il l'a connue, aimée la première fois, d'une robe ample, à mi-chevilles, moulant le haut des jambes, d'un gilet noué de fils d'or, d'un foulard insouciant, de pendentifs anciens totémiques, de bracelets grossiers, accentuant la chûte frêle des poignets, il l'habille comme elle s'habille toujours, il la refait pareille à elle, avec l'attention consumante du peintre, émerveillé qu'elle pose ainsi fidèlement, même s'il subsiste à ce jeu rituel un sens qui dangereusement échappe.....