Pendant ce temps là, notre ami – le mien en tous cas- Théophraste Logloperld réfléchissait à l’histoire en sirotant un bon thé :

DANS LE QUOTIDIEN JE PRATIQUE LE ZEN.

L’opiniâtre thé infusait dans la théière en terre

Celle qui est rangée derrière

La petite théière en fonte du Japon

Où il est aussi très bon.

Dans la théière en terre de Yi Xing,

Quand tu tapes, ça fait un joli  bing.

Mais il faut taper doucement pour ne pas la casser,

Car sinon elle serait à jeter.

Le thé est un Yunnan de mai

Récolté en mai.

Savourer cet excellent thé m’incite à pratiquer la méditation zen

Alors que les anglais le boivent vite en écoutant Big Ben.

PAUVRE CACHET D’ASPIRINE

Le pauvre cachet d’aspirine

Jamais ne se débine.

Caché dans son tube, il menait une vie de misère

Et finirait dissous dans un verre.

Prenez du paracétamol

Dissous dans un grand bol,

On pourra lire dans les magazines :

« Il a sauvé le cachet d’aspirine ! ».

Après cette bien belle poésie philanthropique ou plutôt philaspirotipique, Théophraste se souvint d’une belle chanson écrite par le génial comte Saturnin d’Abadie. Le génial créateur de cette émouvante histoire, le génial créateur du remarquable personnage que je me targue d’être. Comment n’ais je pas pu me souvenir avant de cette héroïque chanson ? Théophraste Logloperld s’agenouilla devant le calvaire planté à la croisée des routes Cieutat / Tournay et Bonnemazon/ Capvern et implora une illumination divine. Plongé dans une profonde transe religieuse, il eut soudain LA révélation :

-premièrement, il est bientôt l’heure de souper !

-secondement, c’est parce que Monsieur le Comte ne l’avait pas encore écrite

-tertièmement, fais donc un peu attention, ça nous changera…

Nimbé d’une infinie gratitude envers les sphères célestes, ému par les vaches dans le pré toutes fumantes d’une chaleur vespérale, il entonna le cœur léger ce ravigotant cantique :   

LA CHEVROTINE

Ça fait longtemps qu’je le disais

Qu’on les verrait bien arriver !

Les voilà maintenant ils sont là,

Alors je cois qu’j’ai pas le choix !!!

                Refrain

Ernestine, sors la chevrotine

Et retourne dans ta cuisine,

Je vais y tirer dans l’ tas

Comm’ quand j’étais un brave p’tit gars !

Ils nous ont bien tout envahi,

Y en a même un qu’est sous mon lit,

Ils sont gros, ils sont tout baveux,

Il parait même qu’ils pondent des œufs !

               Refrain

Il parait qu’ils aiment la bière

Et que ça ne date pas d’hier,

Ils ont bouffé toutes mes salades

Et cet affront me rend malade !

                 Refrain

Regardez les tous décamper,

Ils en ont eu quand même assez,

Monsieur le Comte est victorieux

Car il n’a jamais froid aux yeux !!!

                Refrain (ter)

Théophraste se coucha dans le pré, submergé d’une félicité à nulle autre pareille.