Il m'a été donné, quelques années en arrière, de faire un stage de trois jours avec Pascale Ben, du Royhart théâtre. Merci à notre bonne mère l'éducation nationale qui hélas ne programme plus ce genre de stages pour les non littéraires : cela ne les concerne pas. J'enrage devant ces cloisonnements : les profs ne sont-ils  pas assez sclérosés, qu'on les cantonne dans leur matière ?
Elle nous avait fait passer cette image : s'appuyer sur les épaules des autres, et utiliser, réutiliser une vieille chaussette usée. De même qu'à l'atelier théâtre que je fréquente, on nous conseille toujours de profiter de ce  qu'ont fait les autres pour progresser : réutiliser ce qui nous plaît et en faire autre chose.
J'aime ces notions qui montrent bien qu'à moins d'être le Créateur de toute chose, on ne peut construire à partir de "rien".
A l'heure où j'en viens à me demander si je ne dois pas verser des droits d'auteur à Philippe Delherm lorsque j'utilise l'expression "plaisir minuscule" ou "gorgée de bière", il convient de s'interroger.
Ainsi, les musicologues le confirmeront peut-être, Mozart reprenait les thèmes de ses petits copains compositeurs pour écrire des variations, et vice versa, personne n'y trouvait à redire.
En ce qui concerne nos bouillons et autres cadavres, je trouve que les idées font parfois boule de neige, et c'est cela qui est drôle.Comme une pâte au levain, qui lève doucement sous le torchon, dans un saladier de terre cuite, que l'on laisse en un lieu tiède de  la cuisine pendant  quelques heures,  avant de  pétrir à nouveau, attendre  encore une heure que gonfle  doucement la boule et enfin la glisser dans le  four brûlant, puis un peu plus tard, respirer l'odeur du pain chaud qui se répand dans toutes les pièces.